Logiciel vétérinaire en Suisse : pourquoi la majorité des cliniques perdent encore 2h par jour
Victor Mignon, vétérinaire praticien, explique pourquoi les logiciels vétérinaires utilisés en Suisse romande freinent la productivité des cliniques, et ce que la nouvelle génération d'outils cloud change concrètement.

Je travaille en urgence, dans plusieurs structures, avec les outils qu'on m'a donnés.
Et c'est précisément pour ça que j'ai une vision claire du problème.
Ce que je vis après chaque garde
Après une nuit d'urgences, les animaux sont stabilisés. Les propriétaires sont rentrés chez eux. Il reste les rapports.
En moyenne, un rapport de consultation d'urgence me prend environ 15 minutes, se remémorer l'anamnèse, structurer l'examen clinique, noter les décisions thérapeutiques, vérifier la cohérence avec la facturation.
Sur une garde de soir avec 3 à 5 consultations, c'est entre 45 minutes et 1h15 de travail purement administratif après que la médecine soit déjà faite. Sur une journée de 10 à 15 consultations, le calcul devient vite insoutenable : à 15 minutes par rapport, c'est 2h30 à 3h45 de rédaction pure.
Dans la réalité, personne ne fait ça. Ce qui se passe vraiment : on raccourcit les rapports, on note l'essentiel, on reporte au lendemain. Parfois on ne finit pas. Ce n'est pas de la négligence, c'est une adaptation forcée à un volume incompatible avec le temps disponible.
Le problème n'est pas seulement le temps que prend la documentation. C'est que la documentation se dégrade quand le volume augmente. Et un dossier incomplet, c'est une information manquante pour le prochain vétérinaire qui prend le relais.
Pourquoi les logiciels actuels aggravent le problème
Le marché vétérinaire suisse est dominé par des solutions conçues il y a 15 à 20 ans. Des logiciels installés localement, qui nécessitent un serveur dans le cabinet, des sauvegardes manuelles, et dont l'interface n'a pas fondamentalement évolué depuis les années 2000.
Ces outils ont rendu de bons services. Mais ils ont été conçus avant le cloud, avant les smartphones, et avant que l'intelligence artificielle devienne un outil cliniquement utilisable.
Le résultat concret : chaque information saisie à un endroit doit souvent être ressaisie ailleurs. Le dossier médical, la facturation, les rappels clients, trois flux qui ne se parlent pas toujours, gérés manuellement par des équipes déjà sous pression.
Le frein réel : la migration
La plupart des confrères que je connais ne changent pas d'outil non pas parce que le leur est bon, mais parce que migrer fait peur.
Perdre des données. Devoir tout réapprendre. Gérer deux systèmes en parallèle pendant des semaines.
C'est légitime. Ce que j'observe dans la pratique : une migration bien préparée prend une à deux semaines, pas six mois. Les données existantes sont exportables depuis la quasi-totalité des logiciels actuels. Et un outil pensé pour des vétérinaires, pas pour des informaticiens, se prend en main en quelques heures.
Pourquoi on a construit HelloRolly
C'est ce constat, vécu depuis le terrain et non depuis un bureau, qui m'a amené avec Nicolas Anthène à développer HelloRolly. Un PMS vétérinaire cloud, avec IA intégrée nativement qui me facilite dans les tâches administratives au quotidien et me fait gagner un temps précieux.
Conçu pour le marché suisse et français : support BVR, conformité nLPD et RGPD, hébergement européen. Nous sommes actuellement en phase pilote avec des cliniques en Suisse romande.
Victor Mignon est vétérinaire urgentiste actif en Suisse romande et co-fondateur de HelloRolly.
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